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Le
cinéma a un siècle. Pendant la plus grande partie de son existence,
et alors même qu’il ne cessait de se vouloir en avance sur son temps,
il n’a starisé les femmes qu’en portant aux nues leur plastique,
les réduisant le plus souvent à des stéréotypes figés, issus des
fantasmes masculins et incarnés par les actrices.
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En
effet, à l’exception d' Agnès Varda, il faudra attendre
les années 70 pour voir des femmes passer à la réalisation. Toutefois,
la plupart d’entre elles ne parviendront pas à aller au-delà d’un
deuxième film.
Ce seront les années 80 qui marqueront un vrai tournant avec le
début de véritables carrières comme celles d’Aline Issermann avec
Le Destin de Juliette (1982), de Danièle Dubroux et ses Amants
Terribles (1985), de Claire Devers avec Chimère (1989),
de Patricia Mazuy et ses Peaux de vaches (1989), de Claire
Denis avec S’en Fout la Mort (1990), ou encore de Christine
Pascal et Le Petit Prince a dit (1992)… Les femmes commencent
aussi à accéder à des postes techniques.
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Les
années 90 marqueront l’aboutissement de cette évolution avec une
arrivée en masse des femmes réalisatrices. Avec audace et culot,
elles ont souvent bousculé les tabous et les idées reçues, bouleversant
ainsi le paysage cinématographique français. Désormais, elles en
font partie intégrante et l’on ne peut plus vraiment parler de "films
de femmes" mais de films, tout simplement…
Jamais dans l’histoire du cinéma français, ou même du cinéma tout
court, il n’y a eu autant de films réalisés par des femmes cinéastes
: Le Goût des autres d’Agnès Jaoui, Ca ira mieux demain
de Jeanne Labrune, Saint-Cyr de Patricia Mazuy, La Bûche
de Danièle Thompson, Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall,
La Nouvelle Eve de Catherine Corsini, Place Vendôme
de Nicole Garcia, Romance de Catherine Breillat, Gazon
Maudit de Josiane Balasko... Le succès même de certains de ces
longs-métrages ne fait que confirmer cette voie.
Derrière ces réalisatrices, se sont engouffrées d’autres femmes.
On compte par exemple de plus en plus de chefs "opératrices",
de productrices, de distributrices…
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Et
depuis quelques années, l’image même des actrices a évolué.
Aujourd’hui, elles sont nombreuses à incarner des personnages en
prise avec leur temps loin des clichés habituels de la potiche,
de la victime ou de la garce : Karin Viard, Emma de Caunes, Valéria
Bruni-Tedeschi, Natacha Régnier, Elodie Bouchez, Sandrine Kiberlain,
Jeanne Balibar, etc. font partie de cette nouvelle génération de
comédiennes. Elles interprètent des rôles de femmes d’aujourd’hui,
avec leurs interrogations, leurs doutes et leurs espoirs, tout en
continuant, heureusement, à faire rêver ceux qui les aiment.
Reste à découvrir ce que vont en penser nos invitées…
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