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Aux
dernières élections européennes plus de 60% des électeurs ont jugé
inutile de voter. Lors des élections législatives de 1997, ils étaient
à peine 20% à s'être déplacés jusqu'aux urnes… Les médias l'ont
répété pendant des années, les faits le prouvent : les Français
sont désenchantés de la politique.
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L'une
des causes majeures de ce désenchantement serait l'écart existant
entre le discours tenu par l'homme politique en campagne et la réalité
de son exercice politique une fois ce dernier au pouvoir. L'opinion
publique a alors tendance à en conclure que les politiciens ne sont
que des monnayeurs de rêves. Ils les utiliseraient auprès des électeurs
potentiels pour obtenir en échange du pouvoir, via les votes.
Alors celui qui exerce le pouvoir serait-il par là nécessairement
faux et inauthentique ? Ou le pouvoir changerait-il celui qui l'exerce
?
Rien n'est simple. Si les gouvernements sont nationaux, aujourd'hui
les décisions politiques décisives sont prises à l'échelle supranationale,
européenne ou mondiale. L'éventail des possibilités d'action de
l'homme politique est donc très restreint.
Sans compter que les décisions qui engagent le plus profondément
un pays sont le plus souvent d'ordre technique. Elles ne seront
donc pas prises non plus en fonction d'un principe philosophique
ou politique, ni à partir d'une doctrine ou d'une idéologie, mais
suite au rapport des techniciens décrivant le plus utile, le plus
praticable, le plus efficace… Ainsi, dans l'Etat moderne, la marge
d'innovation dont dispose l'homme politique est de plus en plus
réduite .
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Le
seul domaine dans lequel il lui est encore possible d'intervenir
est celui de l'actualité. C'est le règne de la "petite phrase",
assassine ou démagogique, qui permettra de marquer les esprits,
du moins momentanément, et de se forger une image auprès de l'opinion
publique et de ceux qui la font : les médias.
Ainsi, une décision politique est aujourd'hui devenue plus importante
par les réactions d'opinion qu'elle peut provoquer que par ses répercussions
concrètes et sa signification pratique. Résultat, l'action politique
sera toujours calculée en fonction d'un paramètre incontournable
: les possibilités médiatiques qu'offre cet acte.
Si le public participe à cette situation, il n'en n'est pas pour
autant complètement dupe et se sent floué au niveau de l'acte électoral…
Son principal moyen de marquer son désaccord étant de ne pas voter,
il signifie ainsi depuis plusieurs années son mécontentement.
Mais si l'homme politique devait tenir une campagne électorale sans
vendre du rêve serait-il vraiment élu ? Et comment faire valoir
son travail si ce n'est à travers les médias ? Et pour intéresser
ces derniers ne faut-il pas leur donner quelque chose de consistant
(du moins en apparence) à croquer ?
Autant de questions auxquelles Monseigneur di Falco, expert es médias,
et Noël Mamère, prince de la petite phrase assassine, devront tenter
de trouver des réponses durant l'émission…
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