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Socrate,
le Christ, Gandhi, Jaurès, Ponge, Mère Teresa… doivent-ils être
qualifiés de marginaux ou de francs-tireurs ?
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Le
marginal est une personne qui vit en marge de la société et en rejette
les normes traditionnelles…Tandis que le franc-tireur est celui
qui mène une action indépendante, sans se soucier des lois ou des
usages d’un groupe. La nuance n’est pas évidente. Toujours est-il
que l’on ne choisit pas forcément d’être marginal : c’est un état
qui peut s’imposer suite à des circonstances indépendantes de la
volonté d’un individu. En revanche, on est forcément un franc-tireur
par choix personnel, assumé et revendiqué. Dans une société où les
effets de la mondialisation ont tendance à engendrer une uniformisation
des pensées, du style et des œuvres, se positionner en marginal
ou en franc-tireur peut se révéler un moyen efficace de sortir de
la masse, un moyen d’affirmer son individualité, que ce soit sur
un plan artistique ou politique. D’autant plus que la toute puissance
de la logique de communication ajoute à l’impression globale d’uniformité.
Suffit-il alors d’usiter d’un ton différent pour se faire entendre
? Il semblerait que cela fonctionne mais dans certaines limites.
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En
effet, les limites de ce comportement sont parfois rapidement
atteintes. Politiquement par exemple, si une certaine indépendance
de ton peut être tolérée de la part de certains membres d’un parti,
trop d’indépendance pourrait mener à l’exclusion de ce même parti.
Car un excès de marginalité risque d’être interprétée comme une
volonté de provocation, parfois dangereuse pour le groupe. Pour
sortir indemne de ce genre d’attitude, il faut se trouver dans
une position de force où le soutien du parti n’est pas absolument
indispensable. Bref, prendre un risque mesuré. D’autant plus mesuré,
que dans une société où les médias semblent tous avoir le même
son de cloche, le public a parfois tendance à confondre marginalité
avec vérité. Le marginal n’exprime-t-il pas une dignité, une liberté,
un droit à l’existence qui impliquent le devoir de le respecter
? Cela peut parfois mener à des dérives. Sur le plan artistique,
la marginalité n’est pas vécue sur le même mode, puisque de par
sa vocation, l’artiste est déjà en partie marginal par rapport
à la société. Certes, il peut se démarquer au sein de son groupe
et du système, mais jusqu’à quel point ? Un peintre comme Van
Gogh, à l’évidence marginal, une fois que son œuvre a rencontré
l’adhésion du public, l’est-il encore ? Sa marginalité a été intégrée
et digérée par la société, ses codes sont devenus partie prenante
du système. Bref, elle a été récupérée. Dans ce cas, peut-on encore
parler de marginalité ? Et pour le rester, l’artiste doit-il fuir
la popularité ?
Autant
de questions soulevées par le thème de cette semaine auxquelles
tenteront de répondre nos invités, attachés à leur spécificité
pour ne pas dire marginalité…
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